Le Tour du Queyras

    

Septembre 2017

Après plusieurs randonnées en itinérance, le Tour du Queyras est notre première première aventure en autonomie totale avec la tente, les duvets et le réchaud !

Notre première confrontation avec la haute montagne au pays des marmottes, entre cols à près de 3000 mètres, lacs d'altitude et nos premiers bivouacs.

Notre tour du Queyras par le GR58. 105km et 6600m d'ascension.

Pour démarrer cette aventure, nous nous rendons au village de Ceillac, à 1620 mètres d'altitude. Le seul moyen d'accéder à Ceillac en voiture est par la route de Guillestre dans les gorges du Guil, seul point d'entrée du Queyras accessible toute l'année en voiture.

 

Nous laissons la voiture près de l'école du village et commençons notre périple en direction du village de Saint-Véran où nous devons passer la première nuit.

Cette première journée de marche nécessite de passer par le col des Estronques à 2650 mètres d'altitude. Le chemin traverse de larges pâturages où paissent de nombreux troupeaux de moutons. Malheureusement, probablement victime du mal de l'altitude, Malice ne peut atteindre le col.

 

Nous choisissons de faire demi-tour à quelques centaines de mètres du col afin de reprendre la voiture pour rallier Saint-Véran malgré tout. C'est donc inquiets pour la suite du parcours que nous rejoignons Saint-Véran, l'un des plus hauts villages d'Europe à 2000 mètres.

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Le départ de notre tour du Queyras se fait depuis la vallée de Ceillac.

Après une nuit réparatrice passée dans un gîte d'étape, Malice se sent en forme pour reprendre la randonnée telle que nous l'avions planifiée.

Entourés des fameuses marmottes de Saint-Véran, nous prenons donc la route du col de Chamoussière qui culmine à 2900 mètres d'altitude. Nous prenons notre temps pour cette ascension de près de 1000 mètres depuis Saint-Véran afin de nous laisser le temps de nous acclimater à l'altitude.

Les paysages sont majestueux. Nous sommes entourés de pics enneigés et des névés sont encore présents sur le chemin de randonnée alors que nous approchons du col.

Au fur et à mesure que nous montons en altitude, nous nous approchons des premières neiges.

Arrivés au col, nous apercevons de l'autre côté de la vallée le refuge Agnel où nous devons monter notre bivouac pour la nuit. Ce refuge, perché à 2500 mètres d'altitude, se trouve sur la route du col Agnel, frontière avec l'Italie, et l'un des trois seuls accès dans le parc du Queyras avec la route de Guillestre et le col de l'Izoard.

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La vue sur le refuge Agnel, sur la gauche, et le col Vieux et le Pain de Sucre, à droite, est majestueuse.

 

Bien que partiellement enneigée, la descente ne comprend pas de grande difficulté et c'est avant que le soleil ne se couche derrière les sommets que nous pouvons monter le bivouac.

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Notre premier bivouac en altitude, entourés de sommets enneigés : ça commence bien !

 

Aussitôt le soleil caché derrière les cimes autour de nous, le froid s'abat sur la vallée et nous nous réfugions vite dans nos sacs de couchage après manger. Bien qu'emmitouflés dans nos duvets, la nuit nous paraît particulièrement fraîche : nous apprendrons le lendemain que la température est descendue à -5°C à notre altitude.

Au matin, il est difficile de quitter la chaleur relative de nos couchages pour la fraîcheur extérieure mais les premiers rayons du soleil réchauffent immédiatement la vallée.

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Le Pain du Sucre et sa forme si particulière surplombe le col Vieux et le lac Foréant.

 

Nous levons le camp et prenons la route du col Vieux à 2800 mètres. L'ascension se fait au milieu des herbages et des rivières dans la chaleur grandissante.

 

Arrivés au col venteux, nous hésitons un moment à tenter l'ascension du Pain de Sucre et de sa forme si caractéristique mais la pente raide, la neige encore présente ainsi que nos sacs de 13kg et 17kg nous en dissuadent finalement.

 

  Nous entamons la descente vers les lacs Foréant puis Egorgéou pour rejoindre le village de Ristolas. Nous longeons les versants du Grand Queyras, à l'ouest, et une superbe vue sur le Mont Viso, situé à 3841 mètres d'altitude sur le territoire italien, et sa forme pyramidale s'offre à nous vers le sud-est.

La chaleur se fait de plus en plus écrasante au fil de la journée. Je profite que nous longions un torrent translucide pour oser un plongeant. Malgré la chaleur écrasante de l'air, l'eau est glaciale ! Ca rafraîchit !

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Malice et son sac à dos, face aux pics rocheux du Queyras.

 

Cette nuit-là, nous dormons au camping de la Monta sous un ciel étoilé magnifique.

La journée suivante nous voit traverser les pistes de ski sur les versants de la Tête du Pelvas entre Ristolas et Abriès. Le ciel s'assombrit en fin de journée et nous accélérons le pas pour rejoindre Abriès juste avant qu'un orage et une grosse averse ne s'abattent sur le Queyras.

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Le Mont Viso, sommet du Queyras, se trouve du côté italien de la frontière.

 

Le lendemain matin, le temps est à nouveau au beau fixe et le soleil au rendez-vous. Nous rejoignons les lacs du Malrif après un peu plus de 1000 mètres d'ascension depuis Abriès. Nous déjeunons sur le bord d'un lac couleur vert émeraude puis grimpons admirer deux autres lacs un peu plus haut. Le chemin en balcon nous offre une vue imprenable sur une la vallée du Haut-Guil jusqu'au Mont Viso.

 

La fin de journée consiste en une longue descente, un peu éprouvante pour les genoux, de plus de 1000 mètres afin de rejoindre le village d'Aiguilles au creux de la vallée. Nous dormons paisiblement après avoir craqué sur une tartiflette et un tiramisu.

Après cinq jours de marche, la fatigue commence à se faire sentir et cette sixième journée de marche, en surplomb du village Château-Queyras nous paraît un peu longue.

 

Par chance, nous dormons cette nuit-là dans un gîte d'étape de très grande qualité dans le village de Souliers. Le repas est préparé maison avec des produits locaux et les propriétaires et les autres randonneurs sont très intéressants. Rien de tel pour se requinquer !

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Les paysages incroyables du Queyras nous invite à la détente et à la reflexion.

 

Septième journée de marche. Nous grimpons, encore et toujours, sur les versants du Pic de Rochebrune qui culmine à 3321 mètre d'altitude, en direction du lac de Souliers.

 

Bien qu'il faisait chaud dans la vallée, le vent frais en altitude nous empêche de profiter de la vue sur le lac très longtemps et nous descendons rapidement vers le col de l'Izoard, dernière voie d'accès vers le Queyras avec la route de Guillestre et le col Agnel.

Après avoir suivi le lit du torrent de l'Izoard et traversé les stations de Brunissard et de la Chalp, nous montons le bivouac en surplomb du village d'Arvieux au moment où les nuages et la pluie s'installent au-dessus de nous. Nous passons la soirée sous la tente à jouer au Zynch et nous endormons sous le bruit des gouttes de pluie sur la tente.

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Le sommet du Queyras français : les Pics de Font Sancte.

La pluie s'est arrêtée durant la nuit mais nous devons quand même ranger la tente encore humide pour lever le bivouac. Cette dernière partie de périple consiste en un sentier en forêt qui longe le lac de Roue avant de redescendre vers Château-Queyras.

Nous rejoignons Saint-Véran en auto-stop et déjeunons face au col des Estronques que nous n'avons pas totalement gravi lors de notre première journée.

 

Un peu fatiguée après ces 8 journées de marche, Malice reste tricoter au soleil, au milieu des marmottes pendant que je décide de monter au col puis au sommet de la Tête de Jacquette à 2760 mètres. La vue y est imprenable sur les Pics de la Font Sancte et, cerise sur le gâteau, j'aperçois même un vautour et trois chamois.

Vue sur le Queyras et les Ecrins, à gauche, depuis le col Girardin.

Après cette dernière journée de marche, nous assistons à la projection de Au-dessus du monde, un court-métrage réalisé par des cinéaste de montagne relatant la vie d'un berger de Savoie haut en couleur.

 

Nous terminons finalement ce périple au pays des marmottes par une randonnée à la journée vers le somptueux lac Saint-Anne situé au fond de la vallée de Ceillac, au pied des Pics de la Font Sancte, point culminant du Queyras.

Nous montons jusqu'au col Girardin à 2700 mètres d'altitude. Une vue splendide sur les sommets du Queyras et des Ecrins s'offre alors à nous, peut-être la plus belle de cette première et inoubliable expédition dans le monde de la randonnée en autonomie en montagne !

Adrien

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