Le Tour du Mont-Blanc

 

Septembre 2018

Notre aventure autour du majestueux sommet des Alpes : le mythique Tour du Mont-Blanc.

Marmottes, lacs d'altitude et fromage fondu au programme !

Plus de 130km et 10.000m de dénivelé sont au programme du fameux TMB.

Bien que privilégions en général les destinations peu fréquentées, nous avons néanmoins cédé à l'appel du Mont-Blanc, de ses imposants glaciers et de ce parcours mythique.

 

Nous prévoyons de parcourir le trajet en 12 jours de marche. Nous avons réservé trois refuges sur le parcours et, pour le reste, nous emmenons la tente. La législation autour du bivouac est différente dans les trois pays que l'on va traverser. Contrairement à la France, le bivouac est interdit en Suisse, donc camping obligatoire a minima, et interdit en-dessous de 2500m d'altitude en Italie.

Nous arrivons à Chamonix pendant l'évènement sportif de l'Ultra-Trail du Mont-Blanc.

Alors que nous allons parcourir la boucle en une dizaine de jours, plus de 2500 coureurs viennent tout juste de s'élancer pour effectuer le trajet en moins de 48h et même moins de 21h pour Xavier Thévenard, vainqueur de l'édition 2018. L'effervescence autour de cette course d'ultra-endurance est notre première rencontre avec le monde du trail. L'idée est ainsi lancée, au hasard du calendrier, et va vite germer.

Notre point de départ est la station des Houches où nous laissons la voiture. Après une première ascension qui nous met très rapidement dans l'ambiance, nous choisissons d'emprunter (une fois n'est pas coutume, quoique...) une variante dont le tracé flirte avec la base des glaciers. Nous quittons rapidement la ligne du tramway du Mont-Blanc et le tracé devient plus sauvage à mesure que nous approchons des glaciers et des torrents qui y naissent.

 

Le sentier longe le pied des impressionnates parois du massif, traverse le torrent de Bionnassay par un pont de singe puis serpente dans un champ de rhododendrons sauvages à perte de vue. Le temps s'est peu à peu bouché au cours de l'après-midi et, malgré la position que nous avons depuis le col de Tricot, nous n'apercevons que le pied des glaciers du Miage.

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Mise en condition dès la première journée avec une vue sur l'aiguille Verte et les Drus, depuis la montée vers le col de Voza,

et une traversée du torrent de Bionnassay sur un pont de singe.

Nous passons notre première nuit au pied du Glacier de Miage dans le refuge des chalets du même nom. Une douche fraîche et un repas montagnard composé de produits locaux sont les bienvenus pour récupérer de cette première journée de marche. Nous retrouvons également l'ambiance des refuges, à échanger parcours et expériences entre randonneurs. Ça commence bien, nous sommes dans notre élément !

Le lendemain, nous quittons les chalets entourés d'une brume qui ne nous quittera pas de la matinée, jusqu'au Contamines-Montjoie. Malgré une éclaircie en début d'après-midi qui nous permet de manger devant l'église Notre-Dame de la Garde et d'admirer les cascades de Combe Noire, le temps restera menaçant toute la journée et nous finirons les derniers kilomètres sous une pluie soutenue.

Nous montons finalement la tente en vitesse sous la pluie sur l'aire de bivouac de la Balme et nous offrons quand même une bière sur la terrasse du refuge qui se trouve à quelques centaines de mètres.

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Seul le bas du Glacier de Miage est découvert lorsque nous arrivons aux châlets.

Lorsque nous nous réveillons, le soleil n'est pas encore assez haut pour illuminer le cirque où nous avons passé la nuit. Cependant, le ciel dégagé annonce un temps superbe pour la journée. Et c'est tant mieux pour nous car nous décidons de faire un détour vers les lacs Jovet un peu en surplombs du tracé principal du TMB.

L'ascension vers les lacs se fait à travers un champ de bruyères et de myrtilles, le long du torrent qui s'écoule depuis les lacs en une multitude de cascades, et qui semble être un terrain de jeu particulièrement apprécié des marmottes. C'est finalement après une grosse heure de marche que nous parvenons sur les bords de deux lacs cristallins dans lesquels se reflètent les immenses parois rocheuses auxquelles nous faisons face.

Etonnement, mais nous ne nous en plaignons pas le moins du monde, nous sommes seuls alors que nous sommes si proches du parcours principal sur lequel se suivent des dizaines et des dizaines de marcheurs... Une profonde atmosphère de calme et de sérénité entoure ces lacs que nous avons du mal à quitter.

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S'il y a une variante du TMB à faire, c'est probablement l'aller-retour aux lacs Jovets.

De retour sur le TMB, nous entamons la montée vers le col Bonhomme. C'est le premier tronçon sur lequel nous croisons beaucoup de randonneurs. Et pour cause, la vue est magnifique depuis le col : elle s'étend jusqu'au col Voza au nord à travers la toute la vallée des Contamines et sur le massif du Beaufortain au sud. Nous avons un réel sentiment d'être entourés par des massifs de haute montagne : ça y est, on y est, les choses sérieuses commencent.

Après une bière au refuge du col de la Croix-Bonhomme, nous entamons la longue descente vers les Chapieux où nous posons la tente sur une grand aire de bivouac sans grand intérêt.

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Pause repas avec vue sur le Mont Tondu.

La prochaine étape est le refuge Elisabetta, dans le Val Vény italien. Nous remontons la vallée du torrent des Glaciers face aux majestueux sommets du sud du massif du Mont-Blanc. Le temps est au beau fixe, les versants sont encore très verts et contrastent avec la minéralité des sommets, pour beaucoup encore dépourvus de neige.

Nous atteignons le fond de vallée en fin de matinée et le sentier entame la montée vers le col de la Seigne, frontière avec l'Italie. L'ascension est éprouvante sous un soleil de plomb. Nos efforts sont récompensés par les points de vue imprenables sur les hauts sommets enneigés qui apparaissent au fur et à mesure que nous grimpons.

Le col de la Seigne nous offre notre première vue sur les sommets du Mont-Blanc et du Mont-Blanc de Courmayeur. Nous pouvons même apercevoir le col Ferret, entre l'Italie et la Suisse et, par la même occasion, la quasi-totalité de nos deux prochaines journées de marche en Italie.

Après une pause photo, il nous reste ensuite une petite heure de marche, observés par des dizaines de marmottes, jusqu'au refuge Elisabetta, perché à 2200m au pied de l'Aiguille des Glaciers.

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Premiers points de vue sur le Mont-Blanc depuis le col de la Seigne, avant de rejoindre le refuge Elisabetta.

Le lendemain, la traversée du Val Vény se fait sous un temps menaçant qui se transforme petit à petit en bruine puis en pluie soutenue alors que nous entamons la descente bien raide jusqu'à Courmayeur. Malheureusement, ce temps maussade nous a empêché de savourer pleinement la majesté du massif que nous avons longé toute la journée.

Nous ne résistons pas à une pause pizzeria - et deux IMMENSES pizzas - dès notre arrivée dans la ville, avant de rejoindre un camping, au fond de la vallée au pied de la fameuse Aiguille Noire de Peuterey, départ de l'une des voies les plus difficiles pour atteindre le sommet du Mont-Blanc.

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Face à l'imposant versant italien du Mont-Blanc, dont le sommet joue à cache-cache derrière les nuages.

Nous quittons Courmayeur le lendemain en direction du refuge Bertone qui surplombe la ville, face au Mont-Blanc. Le chemin en lacets serrés le long des 800m de dénivelé positif est difficile pour les jambes et le poids des sacs commencent à se faire sentir. Nous faisons la pause déjeuner un peu au-dessous du refuger. Le temps, radieux malgré les quelques nuages sur les sommets, nous autorise une vue imprenable sur tout le versant italien du massif. Le relatif recul que nous avons depuis le refuge Bertone nous permet d'apprécier la majesté du massif et les 3000 mètres de parois rocheuses qui nous font face.

Une nouvelle fois, nous choisissons la variante et empruntons la route de la Tête Bernarda afin de prendre encore un peu plus d'altitude. Nous suivons la crête qui mène à la Tête avant de traverser un vallon pour poser la tente sur le prochain col, à presque 2500m d'altitude.

Le coucher de soleil et les dernières lueurs rougeâtres sur les sommets sont somptueuses. Comme toujours, le froid s'installe aussitôt le soleil disparu et nous regagnons vite la tente pour prendre une soupe chaude dans nos sacs de couchage .

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Nous ne croisons aucun randonneur tout au long de la variante par la Tête Bernarda : un bivouac seuls au monde.

Nous rejoignons le parcours officiel après une nuit fraîche - il a gélé cette nuit-là - en descendant le vallon de Malatra face aux parois mythiques des Grandes Jorasses.

Le temps de se frayer un chemin à travers un troupeau de vaches qui quitte les estives et nous voici en route vers le Grand Col Ferret, qui sépare l'Italie de la Suisse. La montée jusqu'au col depuis le refuge Elena est, encore une fois, particulièrement raide et la chaleur n'arrange rien mais, comme d'habitude, la vue depuis col justifie ces efforts !

La descente vers le petit village suisse de la Fouly dans lequel nous passons la nuit nous paraît interminable malgré le panorama superbe que nous avons sur les montagnes suisses face à nous. Nous terminons la route avec trois randonneurs français qui prévoient de passer la nuit dans le même camping que nous et c'est tous les cinq que nous allons déguster la Médaille d'Argent du concours mondial de la fondue savoyarde pour le dîner !

Vue sur les sommets suisses depuis le Grand Col Ferret.

Notre prochaine étape est le village de Champeix, à l'autre bout du Val Ferret suisse. Le sentier, en fond de vallée, traverse des étendues verdoyantes et colorées et traverse des villages constitués de châlets en bois et de vieilles maisons en pierre dignes des plus belles cartes postales de Suisse.

Cette étape champêtre, plus tranquille que les précédentes à la fois en terme de distance et de dénivelé, nous permet d'arriver tôt à notre destination. Nous posons encore une fois la tente dans un camping, le bivouac étant interdit en Suisse, avant d'aller nous promener sur le bord du lac de Champeix.

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Après la France et l'Italie, le parcours du TMB passe par la Suisse pendant deux jours.

Une fois n'est pas coutume, nous évitons la variante par la fenêtre d'Arpette qui nous semble un peu trop engagée au vue de la météo humide prévue et du poids que nous transportons sur le dos. Nous suivons donc le tracé normal en balcon, avec vue sur la vallée de Martigny et les sommets de la vallée du Rhône suisse, jusqu'au camping du col de la Forclaz. La fatigue commence à se faire sentir en cette neuvième journée de marche. Malgré quelques parties de zynch - notre jeu favori en randonnée -, nous dormons avant les premières couleurs du coucher du soleil.

Revigorés après une bonne nuit de sommeil, nous atteignons le col de Balme en rejoignant la fin de la variante que nous avons évitée la veille. Cette partie du parcours est particulièrement agréable. Elle s'approche à quelques centaines de mètres du bas des glaciers à travers une vallée très isolée et sauvage, traversée par de grandes parois rocheuses autour desquelles nous croisons de nombreuses marmottes.

 

Le col de Balme marque notre retour sur le sol français. La vue sur la vallée de Chamonix et le Mont-Blanc y est majestueuse et nous pouvons en profiter tout au long de la traversée de l'Aiguillette des Posettes avant de redescendre vers Tré-le-Champ et l'auberge de la Boërne où nous prenons notre dernier repas.

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Le parcours en balcon au pied des Aiguilles Rouges offre un panorama fabuleux sur la chaîne du Mont-Blanc côté français.

Notre onzième et dernière journée de marche est probablement la plus belle. Nous quittons Tré-le-Champ par la variante qui monte au refuge du lac Blanc par un chemin parfois très aérien, le long d'échelles de plusieurs mètres, de mains courantes et de marches fixées à même la roche (chemin à éviter pour les personnes sujettes au vertige !). Après ces quelques émotions, le chemin en balcon serpente entre plusieurs lacs d'altitude au bord desquels nous apercevons deux chamois.

Nous arrivons au lac Blanc, où nous espérions manger tranquillement mais nous sommes loin d'être seuls : le téléphérique de la Flégère permet de faire l'aller-retour à pieds sur quelques heures. Nous sommes donc entourés de dizaines et de dizaines de touristes.

Malgré tout, les deux lacs sont splendides, d'un bleu si particulier, cachés au pied de grandes parois rocheuses et face à un panorama impressionnant sur tous les sommets du massif du Mont-Blanc. L'endroit est fabuleux.

Malheureusement, la météo pour la dernière nuit que nous devions passer en altitude près du col du Brévent annonce de l'orage. C'est donc à contre-coeur que nous décidons de terminer ici notre périple en descendant vers Chamonix par le téléphérique de la Flégère à la fin de l'avant-dernière journée de marche.

Vue sur le Mont-Blanc

L'Aiguille Verte et le Mont-Blanc, vus depuis le col de Balme.

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